ON POURRAIT CROIRE QUE CETTE NOUVELLE RÉFORME EST UNE CONTRAINTE SUPPLÉMENTAIRE POUR LES ENTREPRISES, MAIS CE N’EST PAS LE CAS. AYMERIC MOULIN TANGUY, EXPERT-COMPTABLE ET COMMISSAIRE AUX COMPTES, NOUS ÉCLAIRE SUR LE SUJET.
Bonjour Aymeric, de quoi s’agit-il exactement ?
C’est une réforme qui va changer la manière dont les entreprises échangent leurs factures. L’idée est que toutes les factures entre entreprises passent par des plateformes agréées et suivent un format strictement défini. Aujourd’hui, on reçoit des factures par mail, en PDF, parfois même dans un colis… demain, tout sera centralisé. L’objectif est clair : simplifier les échanges et permettre à l’État de mieux suivre les flux économiques. Et dans un second temps, on parlera aussi d’e-reporting, c’est-à-dire l’obligation de transmettre certaines données à l’administration fiscale.
Qui est concerné, et à quelle échéance ?
Toutes les entreprises, sans exception. Le calendrier est progressif :
1er septembre 2026 : tout le monde doit pouvoir recevoir des factures électroniques ; à la même date, les grandes entreprises devront déjà les émettre ;
1er septembre 2027 : ce sera au tour des PME et micro-entrepreneurs d’émettre leurs factures via ces plateformes.
Quels changements concrets cela va-t-il apporter ?
D’abord un vrai gain de temps. Toutes les factures seront centralisées dans un seul espace, ce qui évite de courir après un document manquant. La traçabilité sera renforcée : on ne pourra plus supprimer une facture, il faudra émettre un avoir en cas d’erreur. Certaines plateformes permettront même de déclencher un paiement directement, ce qui peut accélérer les règlements.
Comment les entreprises peuvent-elles se préparer ?
Il faut commencer par analyser ses outils actuels, puis choisir une plateforme ou un logiciel compatible : il en existe plus d’une centaine actuellement. Certaines solutions sont gratuites, d’autres payantes, selon les éditeurs. L’important est de ne pas attendre la dernière minute.
Et comment votre cabinet accompagne-t-il cette transition ?
Nous proposerons une solution intégrée. Les clients pourront nous mandater pour choisir et mettre en place la plateforme la plus adaptée à leur activité, ce qui leur simplifiera énormément la démarche. Ceux qui souhaitent utiliser un autre logiciel seront aussi accompagnés, mais cela demandera un suivi plus spécifique.
Et pour conclure ?
Il faut anticiper, et ne pas rester seuls. La facturation électronique n’est pas qu’une contrainte : elle vise à alléger la charge administrative des entreprises et accélérer les paiements, tout en limitant la fraude à la TVA, en simplifiant les futures déclarations et en offrant une meilleure vision en temps réel de leur activité.
Laisser un commentaire